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30.05.2006

Quand le formulaire papier communique avec l’ordinateur…

medium_papiercommuniquant.jpgAujourd’hui, la traçabilité est une nécessité et une obligation dans de nombreux secteurs : aéronautique, agroalimentaire, santé, …. L’industrie aéronautique, de par la complexité de ses produits et l’impératif de sécurité, est amenée à collecter, partager et interpréter une grande quantité d’informations provenant d’activités aussi variées que les méthodes, la production, le contrôle qualité ou encore la maintenance. Auparavant, seules deux solutions étaient disponibles pour réaliser la collecte d’information. La première était le papier, lequel nécessite une re-saisie ultérieure engendrant un délai d’accessibilité aux données et un surcoût. L’informatique était la deuxième solution, elle non plus pas toujours adaptée ni à l’environnement de travail (graisses et huile sur les chaînes de production, etc.) ni à ses utilisateurs (formation, temps de prise en main, etc.). Une nouvelle solution est apparue ces dernières années, permettant de bénéficier des avantages des deux précédentes : le papier communiquant. Le système comprend 3 parties : un support préparé, un crayon spécial et une partie logicielle . Le support –prenons par exemple le cas d’un formulaire à remplir– est imprimé à la demande par l’utilisateur avec une imprimante standard sur du papier standard. Au moment de l’impression, une trame constituée de petits points est ajoutée en arrière-plan, formant une sorte de grille. Elle va permettre au crayon de se repérer sur le document au moment de l’écriture mais aussi d’identifier le document (la trame imprimé sur un document n’est utilisée qu’une fois). Le stylo est équipé d’une pointe classique à bille. Il contient également un contact déclenchant l’enregistrement par une mini caméra intégrée (50 prises de vue/s) de ce qui est écrit par l’utilisateur (texte, dessin, schéma) et de la trame correspondante (celle-ci est « éclairée » par une diode infrarouge). Chaque crayon est identifié et les données sont cryptées. La mémoire interne intégrée a une capacité variable selon les stylos et les formulaires (capacité annoncée entre 50 et 200 formulaires suivant le stylo). L’ensemble est alimenté par une batterie Lithium-ion. Le ou les crayons sont associés à une base faisant office à la fois de chargeur et de connexion avec la partie logicielle. Une interface Bluetooth peut cependant la remplacer. La partie logicielle va permettre de récupérer les données enregistrées et de les convertir (suivant option). Les formulaires peuvent être imprimés, édités, stockés sur l’intranet ou expédiés par mail. Cette solution ne nécessitant pas de modifications des habitudes de l’utilisateur, elle est très intuitive et ne requiert pas de formation spécifique. En fait, l’un de ses principaux inconvénients est son coût de mise en place si le nombre de type de formulaire est important. Un autre est l’imprécision du logiciel de reconnaissance d’écriture (env. 10%) nécessitant un contrôle manuel même s’il est tout à fait possible de stocker les formulaires avec l’écriture manuscrite.

Applications potentielles : formulaires de contrôle et d’assurance qualité sur chaîne de production, formulaires d’entretien/de maintenance, formulaires d’inventaires, etc.
Applications déjà réalisées : formulaires de contrôle et d’assurance qualité sur les chaînes de production des hélicoptères Dauphin et Tigre pour Eurocopter, utilisation par les Hôpitaux de Paris et La Poste, etc.
Coût : par poste, hors coûts d’impression du formulaire, de l'ordre de 200€ initialement auquel s'ajoute 300€/an (coût complet variable selon le système et le projet).
Disponibilité : immédiate.

Mon avis : il y a déjà plusieurs années, j’avais entendu parlé d’une technologie similaire qui n’était semble t’il pas alors mature, ce qui n’est pas le cas de la technologie Digital Pen & Paper de HP (sur laquelle est basée la solution professionnelle vendue en France). Celle-ci est bien pensée à tous points de vue. Je l’apprécie surtout pour sa simplicité et son coté intuitif. Elle ne bouleverse pas les méthodes de travail mais les rend plus efficaces, plus rapides et moins fastidieuses tout en permettant aux personnes de se concentrer sur ce qui apporte réellement de la valeur à l’entreprise et à ses clients. De plus, elle complète admirablement bien la gamme de solutions existantes. Elle n’est cependant pas universelle car elle n’est pas toujours la mieux adaptée ou la moins coûteuse. Par ailleurs, je me demande ce qui se passe si un utilisateur fait une erreur lorsqu’il remplit un formulaire communiquant ? Peut-il corriger son erreur directement sur le formulaire ou doit-il tout recommencer ? Le modèle économique est également un atout indéniable : si Anoto est à l’origine du procédé, cette entreprise suédoise vend des licences de façon à avoir un distributeur par pays pour les clients professionnels. La fabrication du matériel nécessaire est quant à elle sous-traitée à des entreprises reconnues : par exemple Nokia, Logitech ou encore Sony Ericsson pour les crayons, Clairefontaine ou Hamelin pour le papier, HP pour les imprimantes (entre autre), etc. Qui plus est, l’ensemble du réseau ainsi constitué agit comme une fédération contribuant à développer et améliorer le procédé et la technologie. En effet, si chacun est en charge d’un marché et/ou développe certaines spécificités du produit, chacun a la possibilité de les « mettre en commun », permettant en cela à tous les membres du réseau de mieux satisfaire les besoins de leurs clients. A noter également qu'il existe une version grand public avec stylo Bluetooth (elle est vendue environ 200€). Elle ne possède cependant pas l'ensemble des capacités des versions professionnelles.


Plus d’informations :

Des informations sur le principe de fonctionnement.
http://cerig.efpg.inpg.fr/Note/2001/papier_numerique.htm (fr)

Les avis de ceux qui l’ont testé…
http://www.tabletpccorner.net/articles/materiels/anoto-pe... (fr)
http://eaa-knowledge.com/ojni/ni/10_1/schiavenato.htm (eng)

Kayentis, le distributeur de ce système pour la France, qui se définit comme à la fois éditeur, intégrateur et opérateur de solutions professionnelles d’écriture et de notarisation numériques.
www.kayentis.fr

Photos (cliquer dessus pour les agrandir) : Anoto, Clairefontaine. De haut en bas, dans le sens horaire : schéma du stylo Anoto, principe de la trame Anoto, papier Clairefontaine et quelques stylos disponibles pour le grand public.

20:10 Publié dans Technologies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires

M. COMBE, directeur de la partie édition de produit pour Kayentis, a bien voulu répondre à mes questions concernant la technologie du "papier communiquant". Ayant déjà publié le post présentant cette technologie, je vous fais part de ses réponses ci-dessous.


M. CLECH : Que se passe t’il si l’utilisateur fait une erreur lorsqu’il remplit le formulaire avec un stylo numérique ?
Peut-il directement la corriger sur le formulaire ou dois t’il changer de formulaire ?

M. COMBE : Ceci est extrêmement variable, et il est possible d’adresser ce point de différentes manières suivant les souhaits du clients. Techniquement, le stylo horodate toute les captures, il est donc tout à fait possible de distinguer la première écriture de la seconde sur le même formulaire et ainsi traiter ce cas. Néanmoins, dans certains cas, la trace papier est aussi importante que la capture électronique et le client souhaitera avoir un formulaire « propre ». Il sera alors mis en place une procédure de correction permettant de clairement identifier qu’une modification a été effectuée. Dans les cas, les plus simples, il peut tout simplement s’agir de remplir un nouveau formulaire en détruisant l’ancien. En général, et pour des raisons de lisibilités, la surcharge sera facile sur des cases à cocher car les corrections n’entament pas la lisibilité et le doublage de champ ou des champs de corrections sera ajouté au formulaire pour les parties texte.


M. CLECH : Quelle est l’autonomie en service (en écriture) d’un stylo ?

M. COMBE : Le stylo est capable de faire une capture d’écriture en mode continue d’environ 2h30, ce qui correspond à 1 ou 2 jours de travail pour quelqu'un qui fait beaucoup de saisie de données. Le stylo dispose de 3 modes de gestion de batterie, off, on sans contact papier, on avec contact papier (durant l’écriture). Le dernier mode est celui qui consomme le plus et de loin. Le mode off permet de conserver la configuration durant environ 4 semaines (horloge entre autre) et les données de façon permanente.


M. CLECH : Quel gain (en ordre de grandeur) peut-on escompter avec cette solution par rapport à une solution type papier ou tout informatique ? Avez-vous des exemples à me donner ?

M. COMBE : Nous constatons régulièrement un facteur 2-3 sur un process tout papier et un facteur 1-2 sur l’informatique. Mais il y a une grande variabilité d’un client à l’autre et bien souvent le gain financier direct n’est pas le facteur essentiel de la décision d’adopter notre solution.

Voici par exemple des situations où le papier communiquant s'est avéré intéressant :
- L’information papier n’est pas disponible dans les systèmes informatiques. Le stylo permet de rendre disponible une information qui aujourd’hui est bien souvent pas ou peu exploitée. Dans la même optique, on peut ranger les cas où on accélère la vitesse avec laquelle l’information est disponible, le point essentiel n’étant pas alors le coût mais la disponibilité et la vitesse de remontée de l’information.
=> ex : étude clinique, constats d’urgence en secteur hospitalier, suivi qualité d’inspection.
- L'utilisation d'un équipement informatique est impossible ou est "rejetée" par le personnel ou l'usager.
=> ex : médical en général, personnes âgées, technicien sur site, ...
- Le coût de mise en place et de support de matériel informatique est important (coût non lié au formulaire lui-même mais à l’équipement HW et SW).
=> ex : mise en place de saisie sur plusieurs pays ou continents.


Je remercie M. COMBE et la société Kayentis pour les explications complémentaires qu'ils ont bien voulu me donner.

Ecrit par : David | 01.06.2006