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20.12.2006

Le Cormorant, un drone multirôle lancé d’un sous-marin en plongée

medium_uav_cormorant_en_vol.JPGUn nouveau programme de drone vient récemment d’être rendu public. Baptisé « Cormorant », il est basé sur une idée originale : utiliser les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de classe Ohio actuellement désarmés comme base de lancement d’une petite force aérienne capable de fournir un appui aérien aux commandos des forces spéciales.

Le Cormorant est un programme de drone multirôle financé par la DARPA sous maîtrise d’œuvre des Shunk Works de Lockheed Martin. Celle-ci aurait déjà investi 7,1M$ pour la première phase du programme. Les parties les plus importantes de ce programme sont, après la validation du concept, la réalisation du drone ainsi que l’adaptation des sous-marins.

Le porteur : un sous-marin de classe Ohio

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Les sous-marins de classe Ohio, au nombre de 18, sont à l’origine des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (comme le Triomphant français). Il représente à eux seuls 50% de l’arsenal nucléaire des Etats-Unis. Ils mesurent 171m de longueur, 11m de hauteur et 12,8m de largeur pour un déplacement en plongée de 18750 tonnes. Chaque sous-marin emporte 24 missiles Trident II D5 d’une portée de 11000km contenant 12 têtes nucléaires de 100 kilotonnes. 4 tubes de 533mm leur permettent de lancer des torpilles et des missiles mer-mer. Suite aux accords de désarmement nucléaire Start 2 de 1992, la puissance de feu de chaque sous-marin a été réduite de 42% par rapport à celle d’origine. De plus, les 4 premiers de série ont été retirés du service. Ceux-ci devraient être transformés d’ici 2007 en lanceurs de missiles de croisière Tomahawk (154 missiles à charge conventionnelle). Ces mêmes sous-marins emporteront également 66 membres de commandos des forces spéciales.

Le Cormorant, un drone multirôle

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Le drone, appelé « Cormorant », aurait une envergure de 6m et une masse de 4000kg. Son rayon d’action serait de 926km (500NM). Il se caractériserait par une voilure de type « aile de mouette » partiellement repliable combinée à un fuselage pressurisé avec un gaz inerte. Sa structure serait réalisée en matériaux composites et en titane tandis que de la mousse plastique servirait au remplissage de certains espaces vides. Coté moteur, le Cormorant serait équipé d’un turboréacteur alimenté au démarrage par de l’air comprimé (pour un allumage rapide). Deux propulseurs à poudre largables seraient chargés de donner au drone une vitesse initiale suffisante pour que son turboréacteur fonctionne. Les missions pour lesquelles il est envisagé seraient des missions de reconnaissance et d’attaque. La charge utile d’une mission d’attaque serait des bombes ou des missiles emportés en interne. L’ensemble semble conçu pour avoir une capacité furtive, probablement par l’utilisation de matériaux furtifs et surtout par l’utilisation de techniques éprouvées sur le F117 et le F22. Le Cormorant serait un drone récupérable. A l’issue de sa mission, il redescendrait sous parachute jusque dans l’eau avant d’être tracté à l’intérieur du sous-marin par un câble accroché par un robot de récupération.

Une idée partagée mais un avenir incertain

La première phase du programme s’est terminée en 2006 : elle a permis d’évaluer les principaux points durs du programme (amerrissage, récupération, allumage du moteur, ..). La DARPA doit maintenant analyser les résultats de ces essais avant de statuer sur l’éventuelle poursuite du programme. L’idée du sous-marin polyvalent, capable à la fois de lancer des missiles et de servir de base pour des commandos, est également d’actualité en France avec les futurs sous-marins Barracuda. Pour ma part, j’avais plutôt imaginé de petits drones lents de reconnaissance qui seraient lancés à partir de sous-marins d’attaque via leurs tubes lance torpilles. L’intérêt serait de renforcer la polyvalence des porteurs sans induire des modifications qui seraient, en plus d’être coûteuses, pénalisantes pour leurs autres missions… cela pour des drones forcément limités en nombre comme en taille. Un autre point faible de ce concept est le manque de discrétion acoustique, visuelle et électromagnétique d’un tel drone dans l’océan ou dans l’air. Et qu’en est-il de sa maintenance ? Le Cormorant est certainement, de par les nombreux défis techniques qu’il soulève, un engin intéressant à développer pour un « technicien ». Mais a-t-il une raison d’être pour ses futurs utilisateurs ? La question est posée.


Plus d’informations :

Une vidéo sur une mission type envisagée pour le Cormorant :
http://www.youtube.com/watch?v=YQtPAaY5d1c [Eng]

Les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de classe Ohio :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Classe%20Ohio [Fr]

D’autres articles sur le même sujet :
http://www.military.com/ [Ang]
http://www.gizmag.com/go/5372 [Ang]
http://www.tendencias21.net/ [Esp]

Photos : Wikipédia et Gizmag.

19:30 Publié dans Question d'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires

est ce que vous pouvez m'znvoyer des shéma de réalisation de drones
merci

Ecrit par : azm | 21.05.2008

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