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14.01.2007

Une nouvelle base de données gratuite sur les brevets

medium_patent_search_logo.pngGoogle complète sa gamme de moteurs de recherche dédiés. Après les livres, les lieux, les codes (et bien d'autres encore), il met à disposition de chacun un nouvel outil dédié à la recherche de brevets. Cet outil, baptisé Google Patent Search, se compose d’une base de données de brevets et d’un moteur de recherche. Google a numérisé les images de la base de données du bureau américain des brevets – l’United States Patent and Trademark Office (USPTO) – dans un format simplifié exploitable par son moteur de recherche. Google Patent Search couvre la totalité des 7 millions de brevets déposés aux Etats-Unis entre 1776 et mi-2006. Les demandes en cours ne sont pas prises en compte. La recherche peut être affinée grâce à des paramètres comme le numéro, l’inventeur, la date de dépôt ou des mots-clés. Le résultat de la recherche comprend le texte et les schémas associés aux brevets. A l’heure actuelle, il n’est pas possible de sauvegarder et d'imprimer les informations mais cela devrait l’être à terme. Google aurait par ailleurs déjà prévu d'étendre son service à d'autres langues et à d'autres pays. Si des critiques ont vu le jour envers ce nouvel outil, Google affirme proposer un outil de recherche plus ergonomique que celui du site de l'USPTO, qui dispose de son propre moteur. Parmi les principaux défauts de Google Patent Search, on peut citer, outre la recherche dans les demandes de brevets, la fonction d’alerte qui est pour l’heure inexistante malgré son utilité.

Google Patent Search est disponible depuis la mi-décembre et est encore en version bêta.

Les moteurs de recherche de brevets de Google et de l’USPTO :
http://www.google.com/patents (page d’accueil pour la recherche de brevets)
http://www.uspto.gov/patft/index.html (moteur de recherche de l’office américain des brevets)

D’autres articles sur le même sujet :
http://actualites.webrankexpert.com/200612-google-patents...
http://www.dsi-info.ca/moteurs-de-recherche/2006/12/googl...

Un article tentant de dresser une liste des services Google :
http://www.webrankinfo.com/actualites/200512-google-est-p...

13.01.2007

Des lingots d’aluminium multi-alliages

medium_novelis_fusion.jpgQuelle que soit l’application, le choix d’un matériau est généralement délicat. De par son influence sur la réussite technique et commerciale du produit, le matériau choisi résulte d’un compromis entre les différentes propriétés visées (résistance à la corrosion, résistance mécanique, masse, etc.). Un procédé innovant ouvre aujourd’hui une voie nouvelle pour combiner les propriétés de différents alliages d’aluminium en un seul et unique matériau.

Au début de l’été 2006, la société canadienne Novelis a annoncé avoir mis au point un nouveau procédé permettant de réaliser des lingots d’aluminium multi-alliages. Ce procédé, opportunément appelé « Fusion », consiste à couler dans un même moule un premier alliage puis un ou deux autres avant que la solidification du premier ne soit complète. Durant le processus, les flux et le niveau de matière dans le moule sont contrôlés précisément. Après refroidissement complet des alliages, un unique lingot de plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur (étape 1 du schéma) est obtenu. La qualité de la liaison entre les différents alliages rend possible son laminage pour obtenir des tôles multicouches (étape 2 du schéma).

medium_novelis_fusion_process.JPG

Les tôles finalement obtenues possèdent des propriétés différentes en surface et à cœur, comme par exemple une excellente résistance à la corrosion en surface et une grande résistance mécanique à cœur. En ce qui concerne l’interface des différents alliages du lingot, les essais réalisés par Novelis ont montré que sa qualité est égale voire supérieure à celle obtenue avec des méthodes plus traditionnelles. Comme le montre les microstructures de l’interface d’un lingot AA1200 / AA2124 (cf. photos ci-dessous; source : Novelis), l’interface est plane avec très peu d’oxydes et de porosité. Elle présente également peu d’indices d’interpénétration. Des essais en traction sur éprouvettes ont par ailleurs confirmé les niveaux de performances mécaniques des tôles obtenues après laminage du lingot.

medium_fusion_microstructures.JPG

Jusqu’à présent, aucun procédé n’avait été industrialisé faute de résoudre le problème majeur qu’est l’oxydation immédiate de l’aluminium au contact de l’air (cela affaiblit les liaisons entre les différentes couches). Ce procédé pourrait donc remplacer ou compléter le plaquage dans certaines applications. Il permettrait également de nouvelles combinaisons d’alliages, sources potentielles de nouvelles applications. Une cinquantaine de combinaisons différentes d’alliages avait été testée avant mars 2006, date du début de la commercialisation de ces alliages en Amérique du nord.

Ce procédé est donc une première mondiale et représente une importante avancée dans le domaine de la fabrication de lingots d’aluminium.


Applications potentielles : produits fabriqués à base de lingots multi-alliages (échangeurs thermiques du système de climatisation embarqué, etc.), revêtement de peau d’avions, …
Applications déjà réalisées : échangeurs thermiques (radiateurs utilisés dans l’automobile, etc) ; d’autres sont encore en cours d’études comme des pièces de tôlerie automobile (capot, ailes, etc.).
Coût : Non annoncé.
Disponibilité : immédiate en Amérique du nord (usine d’Oswego, Etats-Unis) ; mi-2007 en Asie (usine en Corée du sud) et mi-2008 en Europe (usine de Sierre en Suisse) (source : Novelis).

Mon avis : On peut facilement imaginer les avantages pour le secteur aéronautique d’un tel procédé avec un alliage d’aluminium riche en magnésium ou de l’Alclad, surtout si ce procédé est moins coûteux et permet une qualité plus homogène. Le procédé « Fusion » me semble donc très intéressant à première vue. Je m’interroge cependant sur son « solde » environnemental. Ce procédé représenterait-il une nouvelle piste vers des procédés et des matériaux moins polluants et/ou plus économes en énergie (lors de sa production, …) et/ou en matière première (recyclage)? Les informations en ma possession ne me permettent pas de répondre à cette question pour le moment.


Plus d’informations :

Novelis, la société à l’origine du procédé.
www.novelis.com

Photo du haut (cliquer dessus pour l’agrandir) : Novelis. Un lingot fabriqué avec ce nouveau procédé.

2007, une année riche en évènements.

medium_pas_dans_la_neige.jpgL’année 2007 s’annonce particulièrement riche en évènements, tant industriels que commémoratifs. Il y aura ainsi les premiers vol du Boeing 787 (prévu en juillet) et celui du Superjet 100 (prévu dans en septembre). Le premier devrait illustrer le retour en force de Boeing sur la scène de l’aviation commerciale tandis que le second représente à la fois l’arrivée de Sukkoi dans le secteur de l’aviation civile et l’arrivée d’un nouveau concurrent pour Embraer. Il y aura aussi la livraison du premier A380 à Singapore Airlines (en octobre) suivie de son entrée en service commercial. Souhaitons que cela et beaucoup d’autres choses contribuent à mettre Airbus sur la voie du retour à l’égalité avec Boeing. Espérons également que les fournisseurs et sous-traitants aéronautiques européens surmonteront sans trop de dommages les difficultés auxquelles ils sont et seront confrontés cette année. Du côté des hélicoptères, 2007 est celle du centenaire de la première manifestation des voilures tournantes. L’année 2007 est aussi celle du spatial : voilà 50 ans, le lancement du premier satellite artificiel Spoutnik-1 faisait entrer l’Humanité dans une nouvelle ère, celle de l’ère spatiale. Hasard du calendrier, le nombre de lancements qui devraient être réalisés cette année est le plus important depuis 7 ans. Qui plus est, 2007 verra également le premier vol de l’ATV, le cargo automatique européen, ainsi que la poursuite (et l’accélération) de l’assemblage de la station spatiale internationale, ralenti depuis le dernier accident de la navette spatiale américaine. Le laboratoire européen Colombus devrait ainsi être lancé cette année. Pour finir, 2007 verra la tenue du 47éme salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget (mi-juin) en plus des multiples conférences biannuelles qui auront lieu cette année.

Cette année, on pourra se rappeler les débuts de l’industrie aérospatiale et avoir les premiers éléments de réponse sur ce que sera son avenir à court terme. C’est donc une année bien remplie qui a commencé. Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2007. Que tous vos projets se réalisent !

Photo : Aude CLECH; des pas dans la neige.

07.01.2007

Le X-Hawk représente t'il une nouvelle voie vers les convertibles?

medium_maquette_Bell_X_Hawk1.jpgAu salon de Farnborough 2006, Bell Helicopter et Urban Aeronautics Ltd. ont présenté un nouveau concept d’hélicoptère, ou plutôt ce qu’ils qualifient être pour eux le successeur de l’hélicoptère urbain : le X-hawk, un engin qui rappelle certains prototypes de la « skycar » de Moller ou des « jeeps volantes » étudiées dans les années 1960.

Sa présentation n’a rencontré que peu d’échos dans la presse francophone. Et pourtant, lors de l’ouverture de l’édition 2006 du salon aéronautique de Farnborough (17-23 Juillet), Bell Helicopters (Etats-Unis) et Urban Aeronautics Ltd (Israel) ont conjointement présenté un nouveau concept de véhicule aérien, envisagé pour remplacer les hélicoptères actuels, tout au moins en milieu urbain. Le X-hawk « Fancraft » (c’est son nom) devrait pouvoir emporter jusqu’à 12 personnes (modèle C) en premier lieu pour des missions militaires comme l’extraction de militaires en milieu urbain. Par la suite, il pourrait être adapté pour des missions de recherche et sauvetage civils. Une version dronisée cargo, appelée « Mule », est également envisagée à court terme. Le X-Hawk modèle C mesurerait 8,1m de long pour 3,4m de largeur maximale. Selon ses concepteurs, 771kg de charge utile et 590kg de carburant lui conféreraient une autonomie de 2h20min (réserves incluses) ou de 610km. Il pourrait voler jusqu’à une vitesse estimée à 260km/h (140kt). Il serait possible d’extrapoler toute une famille de véhicules à partir du premier.

Un mélange d'idées anciennes et d'innovations récentes

medium_xhawk_cao.jpg

Le X-hawk « Fancraft » est basé sur le concept de « jeep volante » étudié à la fin des années 60 dans de nombreux pays (Bréguet en France (1959), etc.). Il se présente sous la forme d’une espèce de boîte rectangulaire aux angles arrondis équipée de deux grands rotors carénés placés à l’avant et à l’arrière ainsi que de deux rotors plus petits placés à l’arrière, de part et d’autre du plan horizontal. Habitacle et poste de pilotage sont situés entre et sur les côtés des deux grands rotors. Si des problèmes de vitesse limitée, de trop grande sensibilité aux rafales et de contrôle en vol avaient conduit alors à l’arrêt des études sur ce concept, Urban Aeronautics a depuis résolu ces problèmes. Elle a ajouté à cet engin des volets mobiles à l’entrée et à la sortie des rotors de sustentation ainsi qu’à l’avant et à l’arrière du fuselage. 2 brevets ont été déposés. Mieux même : cette startup a validé ces innovations avec son CityHawk biplace, lequel a volé en 2003. L’appareil semble donc techniquement viable. En fait, son principal inconvénient (son talon d'achille?) reste sa consommation, supérieure à celle d’un hélicoptère. Cela implique qu’il sera cantonné à un marché de niche : les missions en milieu urbain, pour lesquelles il me semble d’ailleurs particulièrement adapté. Les armées sont aujourd’hui régulièrement impliquées dans des missions en milieu urbain (Yougoslavie, Somalie, Irak, etc). Ceci étant, l’intérêt d’un tel appareil est dès lors évident, ce qui n’a pas échappé au Pentagone. Le X-Hawk devrait donc trouver rapidement ses utilisateurs s’il tient ses promesses. En attendant, il a immédiatement éveillé l’intérêt de Bell Helicopter qui s’est associé à Urban Aeronatics Ltd (à l'origine du projet) pour son développement, sa production et sa commercialisation. Le premier s’occupera de l’intégration des systèmes, de la fabrication du premier véhicule de démonstration ainsi que de la phase de production tandis que le second sera en charge de toute la partie « développement » de l’appareil. Le coût d’un X-Hawk devrait être, selon l’objectif visé, inférieur de 15% à celui des hélicoptères ayant des caractéristiques similaires. Le premier vol d’un X-Hawk est prévu en 2008 avec une première livraison 3 ou 4 ans plus tard.

Un programme prometteur, une base industrielle solide

Par comparaison avec un hélicoptère et pour la même charge utile, le X-Hawk, avec ses rotors carénés de type fenestron, est par nature plus petit (ce qui est intéressant pour un appareil militaire) et moins sensible aux éléments extérieurs (câbles, etc.). Bell Helicopter et Urban Aeronautics affirment qu’il constituerait une solution idéale à court terme pour remplacer les hélicoptères voire les véhicules au sol (militaires) en milieu urbain. Je suis plutôt d’accord avec cela : les engagements récents en milieu urbain en Somalie ou en Irak ont mis en valeur les points forts et surtout les points faibles de ces machines dans un tel milieu. D’un point de vue « industriel », s’agissant d’un concept novateur, les risques ne sont pas faibles. D’autres (Moller avec sa Skycar, etc.) ont déjà essayé de développer des véhicules similaires mais aucun n’a encore atteint la phase d’industrialisation. Cependant, deux aspects importants contribuent à réduire les risques d’échec. Pour commencer, le concept comme les technologies envisagés ont fait l’objet de premiers essais au sol et en vol ; ensuite, les partenaires industriels du programme n’en sont pas à leur coup d’essai. Bell Helicopter est à la fois un hélicoptériste majeur (surtout dans le domaine militaire) et un pionnier dans les convertibles tandis que beaucoup de personnes travaillant aujourd’hui pour Urban Aeronautics sont des anciens de grandes compagnies israelliennes comme Israel Aircraft Industry (IAI). D’un point de vue plus « pratique », deux questions me viennent à l’esprit : qu’en est-il de la sécurité des occupants de l’appareils en cas d’accident ? Ils semblent être en effet dans le cône d’éjection des rotors. Et quel est le niveau de confort à bord (bruit, etc.) ? Verdict en 2008 ! Souhaitons leur bonne chance pour leurs travaux en attendant –qui sait– le développement d’un concurrent européen !


Plus d’informations :

Le site internet d'Urban Aeronautics Ltd. :
http://www.urbanaero.com/Xhawk_main.htm

Une vidéo sur la maquette présentée au salon de Farnborough 2006 :
http://www.youtube.com/watch?v=r23Iq3cLnVw

Photos : Urban Aeronautics et Flightglobal

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